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Lac de Vassivière: un voyage entre deux eaux

Quand les paysages éveillent ce qui sommeille en nous





Je reviens de Vassivière.

Du lac de Vassivière, plateau de Millevaches, Creuse.


J’ai ouvert mes valises,

trié le courrier,

arrosé les plantes…

mais je ne suis pas vraiment là.





Je vois encore les grands arbres verts,

les hêtres et les sapins

déployant leur fraîcheur

et vous enveloppant

dans leur écrin de verdure.


Je retrouve l’odeur de la mousse,

les oiseaux qui se répondent

en de légères mélopées,

le craquement des brindilles

et des petites pommes de pin

sous les pas.








La forêt, omniprésente,

laisse entrevoir, au détour d’un chemin

ou au sommet d’une petite butte,

le lac.


Le roi des lieux.




C’est lui qui hypnotise,

qui enivre,

qui émerveille.


Ses eaux, ses méandres, sa lumière…

tout appelle à sa contemplation.






Et tout laisse une trace.

Une trace silencieuse,

profonde,

qui continue de cheminer en moi

bien après mon retour.


Car je vais vous faire une confidence :

à chacune de mes visites au lac,

je n’en reviens jamais tout à fait la même.


Chaque fois,

le même phénomène s’opère,

sans que j’en sois véritablement

à l’origine.

La vue immense du lac,

son calme et sa quiétude

me poussent à suspendre un instant

ma vie,

à la déposer sur le bord du chemin.




Le vide se fait,

doucement.


Et comme les eaux du lac

qui parfois se retirent

et laissent apparaître

des rivages cachés,







ressurgit en moi

cette personne vraie,

que la vie,

les obligations et les émotions

finissent parfois par recouvrir.


Je me redécouvre :

un être parmi d’autres,

et pourtant unique.


Une force originelle, instinctive,

pareille aux courants secrets du lac,

recommence à circuler en moi.


Les peurs se taisent.

Les choix paraissent moins lourds.


Je ne possède peut-être pas toutes les réponses,

mais je retrouve en moi

le silence nécessaire

pour les entendre.


Je sais que je peux poursuivre

mon chemin avec confiance,

dès lors que je prends le temps

d’écouter qui je suis.





Puis un souffle léger vient me réveiller

et me tirer de ce songe

où j’étais si bien.






La vue du lac me rappelle

qu’il faut se lever,

reprendre son sac

et poursuivre le chemin.


La vie reprend vite ses droits,

comme la nature tout autour de moi.


Un autre promeneur approche.

Nos chemins se croisent,

puis nos regards et nos sourires.





Quelques secondes seulement,

et pourtant la sensation

d’appartenir au même monde.





Cheminer autour du lac de Vassivière

ressemble à l’accomplissement

d’un rite initiatique,

profondément humain.


Un voyage silencieux

qui ne conduit pas ailleurs,

mais au plus profond de soi.








 
 
 

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